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« Il faut que je vide ma valise ! », le témoignage d’un agent de voyage
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Écrit par Lucie Tavernier   
08-11-2011

Dernière mise à jour : ( 23-11-2011 )
 

Au-delà des anecdotes et des portraits de clients qui en feront sourire plus d’un, Julie Tribout dépeint avec le livre « Il faut que je vide ma valise ! » les contours d’un métier en pleine mutation, celui d’agent de voyages. Elle fait partie d’une génération de professionnels qui ont dû composer avec l’arrivée des nouvelles technologies, peinant parfois à trouver leur place dans un paysage bouleversé par internet.

Julie Tribout a voulu avec ce livre abattre certains clichés sur son métier d’agent de voyages, parce qu’elle avait le sentiment que sa réalité ne coïncidait pas avec l’idée idyllique que s'en faisait les autres. En réaction, elle met entre les mains du lecteur une vision de l’intérieur sans concession. Et, entre les lignes, se dessine en pointillés une réflexion sur un métier bouleversé par les nouvelles technologies.

De nouveaux outils…Julie Tribout, auteur de

Ainsi, elle évoque ses premiers pas en tant qu’agent de voyages, à la sortie de l’école, dans les années 2000 et le fait qu’à l’époque, assez peu de professionnels étaient formés techniquement sur Amadeus ou d’autres outils qui se sont aujourd’hui banalisés. « Nous avons dû nous former à de plus en plus de nouveaux outils, il a fallu s’y faire, surtout dans les grandes agences. Dans ma carrière, j’ai fait des choix qui ont fait que j’ai travaillé dans des agences où il fallait être compétitif. A ce niveau-là, le quotidien de l’agent de voyages a changé, tout est plus centralisé, on gagne du temps sur certaines tâches. Mon seul regret, c’est qu’on privilégie parfois la technologie au détriment de la relation humaine. Il faut trouver un équilibre. » Elle raconte dans le livre qu’elle est passée par l’un des premiers plateaux virtuels, en 2006 : une très mauvaise expérience. « C’était précurseur et cela a été un échec, les clients ne s’y sont pas retrouvés. Avec le recul, je me rends compte que cela aurait pu être très positif, si les outils avaient été bien utilisés car ils étaient efficaces, et si l’on n’avait pas oublié l’aspect humain. » raconte-t-elle.

… Et des clients devenus internautes

L’exercice du métier a changé, mais les clients aussi. « Avec internet, nous sommes dans un rapport plus concurrentiel, et le client a moins confiance en nous, il privilégie internet. » Julie Tribout regrette qu’il associe internet à « moins cher », car « ce n’est pas toujours vrai ! De toute façon, le web et les agences de voyages peuvent répondre à des besoins différents, être complémentaires. » Elle a vu également l’arrivée du client qu’elle appelle « Lastminute », qui se rend dans une agence le vendredi soir pour partir en voyage le samedi : « C’est un des mythes d’internet : en réalité, cela n’est possible ni sur la toile, ni en agence de voyage ! » Pour Julie Tribout, le principal défaut d’internet, c’est le manque d’information : « Les prix, les réductions sont parfois assez opaques. C’est là que l’agent de voyages a une valeur ajoutée : nous donnons en agence des prix ronds, et une information personnalisée, avec de vraies explications. » Et, au quotidien, le web a du bon : « Je m’en sers très souvent pour travailler, m’inspirer...» explique-t-elle.

Aujourd’hui, professionnellement, Julie Tribout a envie de découvrir de nouveaux horizons, même si elle pense que le métier d’agent de voyages ne va pas disparaître de sitôt. « Bien sûr, il va falloir continuer à évoluer, se différencier, sans doute se spécialiser, ou diversifier ses activités. Mais il faudra toujours un bon agent de voyages pour monter un voyage de noce compliqué. Ce service personnalisé-là, internet ne peut pas le remplacer. Il y a de la place pour tout le monde » conclut-elle.

 

"Il faut que je vide ma valise!", Julie Tribout, Editions Bréal, 2011, 144 pages, 12.5 x 17.5, 12€


   

  
 

 


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