Amadeus Gestour Essential Pack est la première solution issue de la synergie entre Amadeus et Perez Informatique. I-tourisme revient sur la genèse et les particularités de cet outil destiné aux agences de voyage. Entretien à deux voix avec Armand Perez, Fondateur et Président-Directeur général de Perez Informatique et Joël Thibault, CTO. L’annonce l’année dernière de votre rachat par Amadeus a été une nouvelle surprenante pour le marché. Vous qui avez toujours prôné votre indépendance, ce fut une surprise. Avec le recul que vous avez aujourd’hui, pouvez-vous revenir sur cet accord ? Armand Perez : J’ai toujours veillé à préserver notre indépendance. C’est le propre de l’entrepreneur. Mais pour être plus précis, je cherchais une pérennité pour notre entreprise. Une PME ne dispose plus d’assez de ressources financières pour assurer seule le développement de ses investissements technologiques. Les dépenses deviennent beaucoup trop considérables. Je vais vous donner une information et vous allez comprendre cette problématique. En 28 ans, Perez Informatique n’a jamais distribué de dividende et je n’ai rien thésaurisé ! Tout a été consacré à la R&D. C’est la raison qui explique notre volonté de nous adosser à un grand groupe pour avoir les moyens de continuer notre croissance. Avec la proposition d’Amadeus, nous avions l’assurance de préserver notre autonomie, le développement de nos solutions et l’emploi de nos salariés. Il y a eu des licenciements ? Armand Perez : Heureusement non. L’objectif n’était pas là, mais bien de bénéficier de la collaboration d’un partenaire financier et technologique. Sur ce plan, la feuille de route est précise. Nous ne passons pas une semaine sans travailler avec les équipes techniques d’Amadeus. Cette autonomie, vous l’avez effectivement gardée ? Armand Perez : Il faut préciser tout de suite que nous n’avons pas changé de métier. Notre savoir-faire, notre expérience et notre expertise sont toujours mis à profit pour l’élaboration des systèmes de gestion pour les entreprises du tourisme. Nous sommes complémentaires avec Amadeus et nous cherchons à mettre en place des synergies. C’est notre activité quotidienne. Pour le court terme, notre projet prioritaire est de procéder à l’intégration de nos logiciels dans le GDS. C’est ce que nous sommes en train de réaliser après un certain nombre de mois passés à étudier cette faisabilité. Parlons-en justement. Où en êtes-vous avec ce projet d’intégration ? Armand Perez : Il est opérationnel. Nous sommes en phase test. Précisez-nous quels vont être les avantages pour les agences de voyages : plus de rapidité, de fonctionnalités… ? Armand Perez : Elles vont disposer d’une offre complète, intégrant les processus de recherche, de qualification du client, de réservation et d’après-vente. Concrètement, les conseillers en voyages auront sur le même écran l’outil de réservation, l’outil comptable et le CRM. C’est l’offre technologique la plus exhaustive du marché français. Les vendeurs vont pouvoir proposer à leur clientèle les alternatives les plus pertinentes tout en tenant compte des impératifs comptables de l’agence.  Ce sera profitable pour les agences loisirs ou d’affaires ? Armand Perez : Les deux puisque notre solution consiste à donner aux agences une vision plus précise de leurs clients. C’est valable dans tous les cas de figure. Elles vont pouvoir bénéficier d’un outil intégré de devis à la facturation, ce qui va simplifier et améliorer la fiabilité de l’ensemble des opérations. En fait, vous faites cohabiter le mid et le back office ? Armand Perez : C’est exactement ça. Le principe est bien de disposer d’un outil de réservation mid et back office, couplé avec les informations clients issues d’un CRM intégré. Comment procédez-vous ? Quels sont vos choix ? Crypté ou graphique ? Joël Thibault : L’analyse des utilisations des produits proposée par les GDS montre que le mode crypté est celui qui est toujours le plus utilisé par les agents de voyages. Mais pour être productif désormais, il faut passer au web service avec le mode graphique. Sur le plan informatique, c’est bien plus exigeant, mais pour l’utilisateur les avantages sont nombreux. La technologie apporte maintenant des solutions pour améliorer les performances d’interaction en mode plus naturel, comme c’est par exemple le cas des analyses des mots dans les outils de recherche de Google. C’est cette tendance que nous devons suivre… Sauf que c’est plus lent ! Joël Thibault : Plus aujourd’hui, mais surtout, c’est plus ouvert et donc plus rentable pour l’agence. Il est nécessaire d’avoir la bonne interface (performante, rapide et sûre) adaptée à l’utilisateur et à son canal de connexion. Pourquoi abandonner le mode cryptique si c’est le plus productif pour un conseiller ? Les interfaces utilisateurs doivent pouvoir fonctionner sur des PC de bureau, des portables, des smartphones, des surfaces tactiles… La vision graphique n’est en fait qu’une couche technique, c’est plutôt l’optimisation maximale de l’espace et des techniques de saisie qui est importante et qui doit s’adapter à l’utilisateur. Le mode graphique est plus contraignant sur le plan de la programmation, nous devons nous effacer par rapport aux attentes de l’utilisateur. Il souhaite que son interface corresponde à ses besoins. Un point c’est tout. C’est ce que nous devons lui apporter. Et puis il ne faut pas oublier que pour chaque nouveau service, il suffit de rajouter un onglet plutôt que de toucher à l’arborescence du système d’information. Vous voyez, même sur le plan de l’informatique, il y a des avantages. Justement, si vous parlez bénéfice utilisateur, comment intégrer le CRM au système de gestion ? Tout simplement en superposant le CRM avec le Back office. C’est le plus logique et aussi le plus simple, car le problème de frontière ne se pose plus entre ce qui appartient au front ou au back office. Il arrive un moment où il devient contre-productif de tout vouloir intégrer dans un même système. Plutôt que de vouloir associer des données de nature différente, il devient plus visuel, plus ergonomique et plus rationnel de faire cohabiter les informations. Sur un même écran ? Joël Thibault : Exactement, c’est notre innovation. La bonne information va se nicher dans le bon environnement. Les systèmes sont reliés entre eux pour interagir ensemble. Par exemple, quand un vendeur fait une nouvelle transaction, il a accès à l’historique de son client grâce à une fenêtre qui apparaît sur son écran. Quand une agence de voyages réalise une vente sur un TO, elle peut sur le même écran s’occuper du pré-acheminement. Etc. Ces informations apparaissent automatiquement ? Joël Thibault : C’est le but. Dès que le nom du client est saisi, il est reconnu et sa situation s’affiche automatiquement. Le système contrôle, impute et expose l’information au bon endroit. L’automatisme est indispensable pour gagner en productivité. La multiplication des onglets n’est pas infinie. Elle atteint rapidement la limite de sa richesse fonctionnelle. Vous comprendrez aisément qu’il est plus efficace de faire remonter automatiquement l’indication souhaitée à la bonne place et au bon moment que de cliquer sur un onglet. Armand Perez : Je veux faire disparaître la notion de flux avec d’un côté le mid et de l’autre le back office. Je veux un outil unique. C’est beaucoup plus rationnel d’avoir une approche par client que par fiche. C’est utile pour tous les types d’entreprises. Que vous soyez une grande ou un petite agence, vous avez la même exigence. Ce qui compte, c’est la façon dont vous restituez l’information. Joël Thibault : Ainsi, on laisse le temps au conseiller en voyages de faire son métier de conseil, d’effectuer des recherches, du cross selling… Par exemple, nous avons mis des process d’intégration pour les assurances. Tout est automatique pour que ce soit intégré à la vente. Il suffit de valider. Voilà notre démarche. Donner à l’agence un outil unique pour tout mener de front, que ce soit envoyer des SMS et être présent sur Facebook, tout en traitant l’ensemble des actions de la réservation à la facturation. C’est l’objectif de Amadeus Gestour Essential Pack. |