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Christelle Chan, Hotels.com : "Moins 14% sur les tarifs hôteliers en 2009 selon l’indice HPI"
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Écrit par Elodie Declerck   
04-03-2010

 
Hotels.com, le site de réservation d'hôtels du groupe Expedia, vient de publier sa 6ème édition de HPI, une étude semestrielle de la variation des prix des hôtels dans le monde. De cet outil de référence complet qui met en valeur le prix réellement payé par le consommateur et donne la tendance du marché, Christelle Chan, Responsable Marketing pour le marché français, nous expose les grands aspects à retenir.
 
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Quelles conclusions majeures tirez-vous de votre nouvelle étude « Hotel Price Index » ?

L’étude porte sur les prix réellement payés par les voyageurs en 2009 au sein de 94 000 hôtels répartis sur 16 000 destinations. En 2009, les prix globaux ont chuté de 14%. On observe une variation en fonction des différentes régions, mais de manière générale, la tendance est la même : l’Europe baisse de 13%, les USA de 14%, l’Asie 16% et l’Amérique Latine de 21%.

La raison principale de cette baisse est bien sûr la crise économique, qui a elle-même entraîné la baisse des voyages d’affaires. Ce phénomène est décuplé en parallèle par des hôteliers qui étaient sur une vague de croissance en 2007-2008 et qui avaient déjà entamé leur phase d’investissement.

Or, baisse du voyage d’affaires signifie baisse de la demande. Parallèlement, les hôteliers continuent à investir donc cela signifie croissance de l’offre. Les deux mis en perspective font que les prix chutent de manière significative en 2009. Il ne faut pas passer à côté du fait que les hôteliers ont eu besoin de maintenir leur taux d’occupation. Et ce qui a permis de maintenir une activité a été l’augmentation des voyages de loisir.

On retrouve deux tendances dans cette étude, deux profils de consommateurs qui ressortent :

-    Celui qui a gardé le même budget sur l’année 2009 et qui a donc eu les moyens de se faire plaisir soit par la possibilité de monter en gamme et donc en catégorie d’hôtel pour le même budget, puisque les prix des hôtels ont eux chuté pour les cat 4 et 5 étoiles, soit en augmentant la durée de leur séjour. C’est une tendance que l’on voit beaucoup sur New-York, où le voyage d’affaires a énormément baissé, entraînant une chute des prix en semaine. Le consommateur a pu profiter d’un séjour de plus longue durée à un prix inférieur.

-    Le deuxième comportement, c’est le consommateur plus prudent, qui suit le mouvement de crise : lui ne va pas modifier son comportement d’achat, mais va aller vers les bons plans et surtout va très judicieusement profiter des destinations qui ont un taux de change favorable par rapport à l’euro. Typiquement, on retrouve dans cette tendance Londres, où la livre a considérablement chuté en 2009. Les Français en ont profité et sont partis avec un euro fort. C’est pour cette raison que Londres a pu maintenir son taux d’occupation à 82.9%. Pour comparaison, le taux d’occupation de Paris en 2009 se situe aux alentours de 73%.

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Est-ce que l’on retrouve cette tendance en termes géographique ? Le voyageur qui partait en moyen-courrier est-il plus facilement passé sur du long-courrier ou sur une destination plus lointaine ?

L’année dernière, la tendance était plutôt au voyage domestique. Même s’il y a une montée gamme et une croissance sur la durée du séjour, l’idée était tout de même de voyager domestique pour la plupart des consommateurs. Principalement parce que les vols étaient plus chers -les compagnies aériennes qui ont aussi des problématiques de remplissage de leurs avions ont réduit leur plan de vol en direction de certaines destinations, mais aussi parce que les consommateurs ont préféré rester dans leur pays d’origine. En Grande-Bretagne, c’est ce que l’on a appelé la tendance « Staycation » à l’opposé de « Vacation ».

Comment se profilent les prochains mois ?

C’est la grande question du moment : qu’en est-il de 2010 ? En fait, il est très intéressant d’observer dans l’étude le quatrième trimestre de 2009 : les prix n’ont chuté que de 7%. Même s’il y a toujours une chute, on a clairement une indication de la stabilisation des prix à partir de ce 4ème trimestre par rapport à l’ensemble de l’année où la chute est de 14% en moyenne. On peut le prendre sous deux angles différents :

-    Du point de vue du consommateur, les prix sont toujours au plus bas depuis 2003. C’est donc toujours une très bonne nouvelle pour lui, puisqu’il va continuer à bénéficier de prix bas encore en 2010.
-    Du point de vue hôtelier, l’optimisme est de retour. Les prix commencent à se stabiliser, les professionnels ont plus de visibilité sur les prix à long terme, et ils commencent à souffler.

La France semble se maintenir dans votre étude…

Contrairement aux autres pays européens, la France s’en sort effectivement plutôt pas mal. Les prix des hôtels n’y ont baissé que de 5% sur tout 2009. C’est une tendance que l’on observe sur les 3 dernières éditions.
Ensuite, en Asie et particulièrement sur Pékin, il est intéressant de constater la chute des prix des hôtels après les JO de 2008. Dubaï aussi a subi une baisse conséquente de l’ordre de 25%. C’est une destination de voyages d’affaires, de fait la baisse de ce type de déplacements cumulé à leur crise financière spécifique a eu un impact important sur les prix. D’ordinaire soutenue par le voyages d’affaires, Moscou se retrouve dans la même situation et est dans la même tendance de baisse. En conséquence, on a aujourd’hui sur ces destinations beaucoup plus de visiteurs italiens ou scandinaves qui profitent d’un luxe à bas prix et de vols directs.

Il y a donc une vraie réaction de la part du marché et des consommateurs en fonction de la baisse des tarifs ?

La réaction du marché est presque celle du marché boursier : dès l’annonce de la faillite de Dubaï, nous avons constaté une réaction immédiate des internautes et un accroissement net des recherches de départs vers cette destination. Clairement, les consommateurs sont de plus en plus à l’affût de bons prix et ne vont pas hésiter à changer de destination ! Soit parce que la destination est moins chère et donc ils peuvent bénéficier d’une montée de gamme, soit parce qu’ils peuvent bénéficier d’un taux de change favorable. On est dans cette tendance qui privilégie le bon plan, la bonne affaire. En même temps, c’est aussi une bonne façon de découvrir de nouvelles destinations et d’être un peu aventurier, pour moins cher !
 
 
 
 
L’étude complète HPI est téléchargeable en pdf sur www.hotels.com.
Lien direct : http://fr.hotels.com/presse/indice-des-prix-des-hotels.html

Vous y retrouverez :
-    l'évolution mondiale des prix en 2009
-    les grandes tendances par continents
-    les plus fortes hausses et les plus fortes baisses / focus par pays et dans les principales villes du monde
-    les grandes tendances observées en Europe sur l'année et sur le dernier trimestre 2009 et comparaisons entre pays européens
-    les prix payés par les voyageurs dans leur propre pays et à l'étranger
-    les prix payés par les voyageurs par catégorie d'hôtels dans les principales villes du monde
   

  
 

 


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